Le tour des Muverans et du Wildhorn

Septembre 2016

Ayant un Mayen en face des Muverans, cela fait depuis l’an 2000 que nous les voyons à chaque saison, avec à chaque fois l’envie d’en faire le tour. Le tracé est bien balisé et relativement court, entre 3 et 5 jours selon le type de trek désiré. Pour nous ce sera la version longue ; le problème n’est pas le temps mais comment nous voulons faire ce tour. En autonomie cela est évident, on préfère dormir dehors que dans les cabanes ! Alors on prendra de la nourriture pour 5 jours (en comptant de la réserve au cas où). Après le tour des Muverans nous enchainerons directement, avec un ravitaillement, pour le tour du Wildhorn aussi en 4 ou 5 jours. Reste la question du couchage : sous les étoiles, sous un tarp ou dans une tente ? La météo s’annonce belle, alors on opte pour le tarp et on laisse la tente à la maison. Le sac à dos de Sony pèsera entre 15 et 17 kg, celui de Reno entre 21 et 23 kg.

6 septembre 2016 | Derborence – Lac de la Forcla (bivouac de la Sorcière) | 5h30 de marche | 9 km | dénivelés +1065 et – 68 | soleil

A midi on laisse la voiture à Derborence, charge les sacs à dos, laisse le lac derrière nous et grimpe durant presque toute la journée. On quitte rapidement la limite de la forêt pour se retrouver dans des alpages. Avec deux litres d’eau par personne au départ ce matin dans nos gourdes et Platypus, et la chaleur on doit s’arrêter en fin d’après-midi près d’une rivière pour faire le plein. On utilise un Steripen pour purifier les 6 litres d’eau quotidiens nécessaire pour nous deux : un litre pour le déjeuner (café et bircher), 4 litres pour la journée, et un litre pour le soir (tortellini et thé).

On arrive près du lac de la Forcla et on plante vers 18h le tarp sur une petite butte, un peu dans le vent, mais avec une vue imprenable sur le Grand Combin et la Pierre Avoi. Sur la droite un visage de sorcière se découpe dans le ciel ; on sera bien gardé cette nuit ! Tout cela avec un coucher de soleil d’un orange fluo. Le soir on voit des bouquetins au loin, et durant la nuit, on attend passer à quelques mètres du tarp un troupeau de bêtes (probablement des chamois). Il y a du vent, et il fait frais, mais nous nous réfugions dans nos sacs de couchage dès que les heures bleues nous quittent.

7 septembre 2016 | Lac de la Forcla (bivouac de la Sorcière) – Lac de Fully | 8h de marche | 13 km | dénivelés +912 et -1108 | soleil

La nuit a été venteuse, et le tarp étant nettement moins « protecteur » que la tente, on est réellement en contact avec le vent, le froid et l’humidité. C’est dure mais bon ! On déjeune avec le soleil qui arrive toujours sous un ciel magnifiquement bleu. On part vers 10h pour rejoindre la cabane Rambert. Il y a quelques passages un peu délicats, avec nos gros et lourds sacs à dos, juste avant d’arriver à la cabane, mais on y arrive sans encombre ; pour ne pas s’y arrêter. Il n’y a pas trop de monde, mais on préfère s’arrêter quelques centaines de mètre plus loin, pour piqueniquer sur un petit plateau.

Cela fait bizarre ensuite de se retrouver sur les pistes de ski d’Ovronnaz … sans neige. Ce n’est pas la partie la plus belle du trek avec ses pilonnes et ces alpages façonnés par l’homme pour y faire des pistes de ski, mais il fait beau et ce long passage plus ou moins plat nous mène en bas du col du Fenestral. On a déjà de nombreuses heures de marche et la montée sous un soleil brulant nous épuise. On est un peu limite avec l’eau et on doit la rationner. Arrivés à la Cabane du Fenestral on s’arrête pour acheter à prix fort (mais justifié) deux bouteilles d’eau. La cabane a été magnifiquement rénovée. L’intérieur est spacieux et lumineux avec cette baie vitrée qui donne sur le Lac de Fully, notre objectif du jour. On y arrive vers 18h45, épuisé, après une abrupte descente. On monte le tarp et on filtre un peu plus d’eau que hier. Ce sera dorénavant 8 litres par jour. On profite des derniers rayons de soleil pour soulager nos pieds dans l’eau fraiche du lac, avant de préparer les habituel tortellini et de profiter comme hier d’une soirée des plus belles avec les reflets sur le lac. Il fait frais et humide, mais on s’endort comme des bébés.

8 septembre 2016 | Lac de Fully – Col des Perris Blancs (bivouac des Muverans) | 6h20 de marche | 13 km | dénivelés +1238 et -986 | soleil

La nuit a été fraiche avec la proximité du lac et on est content du café chaud le matin et du bircher. On commence la montée vers le col du Demècre à l’ombre vers 9h30; il ne fait pas chaud, mais on en profite car on sait que le soleil va bientôt taper !

La cabane du Demècre est aussi en rénovation. Elle se cache derrière une paroi rocheuse, à l’abri du vent. Elle est une sorte de démarcation entre l’Est et l’Ouest ; à partir de là on redescend un peu pour ensuite longer les magnifique et vertigineuses Dents de Morcles qui nous surplombe sur la droite. Il y a une variante qui passe au plus près des falaises, mais qui est un peu trop difficile pour Sony et son vertige, alors on prend la variante un peu plus bas, mais tout aussi belle à la limite de la forêt. Après le Chalet Neuf, et Rionda nous nous dirigeons vers la cabane de la Tourche, sur un chemin carrossable.

A partir de là les choses se compliquent, car nous entamons la montée vers le col de Perris-Blancs, et pour cela nous devons traverser de longs devers dans des pierriers instables sur un fin chemin. On s’appuie sur les bâtons et on avance pas à pas avec un maximum d’attention ; au moindre faux pas, on se retrouve quelques centaines de mètres plus bas …

Juste avant d’arriver au col, dans une falaise, on voit une construction en bois insérée dans une grotte. Il s’agit d’un ancien baraquement militaire. Reno rêve encore maintenant de le racheter et de le rénover ; pour en faire un pied-à-terre totalement isolé, sans électricité ni eau courante… Peut-être un jour !

L’arrivée au col de Perris-Blancs est à couper le souffle, car on fait soudainement face à la chaine de montagnes que débute à droite avec la Petite Dent de Morcle et qui va jusqu’au Grand Muveran. On ne les regarde pas de bas en haut, car on est presque à la même hauteur ; le col de Perris-Blancs est à 2600 mètre. On fait réellement face aux pics dont on est uniquement séparé par la profond Vallon de Nant. Ce bivouac restera le plus beau du trekking.

On installe le camp vers 16h40 et on profite de la vue, du coucher de soleil, du silence, des ombres des nuages sur les falaises ; un tableau vivant dont on ne s’en lasse pas. La nuit tombée, on voit même au loin les lumières de la cabane Rambert, comme une étoile supplémentaire dans le ciel …

Quel lieu magnifique !

9 septembre 2016 | Col des Perris Blancs (bivouac des Muverans) – Col des Essets (bivouac des Myrtilles) | 6h30 de marche | 15 km | dénivelés +856 et – 1354 | beau

Le soleil du matin atteint rapidement le tarp, et nous déjeunons au bord de la falaise avec vue plongeante sur le Vallon de Nant qui sera notre étape de ce matin. On part vers 9h45, pour une longue et très pentue descente qui nous mènera à travers de vertes prairies parsemées de rochers vers le fond du vallon 1300 mètres plus bas. Nous sommes à nouveau dans des forêts clairsemées, et nous croisons un couple de jeune campeur qui sèche leur tente au soleil sur les gros rochers qui bordent le torrent ; ils ont dû avoir beaucoup de rosée cette nuit.

Descendre l’Avançon de Nant est très agréable, il fait bon, le soleil est bien présent, mais nous traversons quelques bosquets à l’ombre.

Arrivés à au Pont de Nant, nous retrouvons des voitures et les nombreux promeneurs qui profitent non seulement de la Thomasia, le fameux jardin botanique, mais aussi de l’excellent restaurant. Pour nous ce sera un piquenique en bordure de forêt avant d’entamer la montée vers le col des Essets.

A l’alpage du Richard nous croisons un troupeau de biquettes et échangeons quelques mots avec le petit vieux qui y séjourne. Nous continuons ensuite la longue montée jusqu’à la buvette de la Var. Pour la première fois depuis le début du périple on s’accorde une pause sur la terrasse au milieu de ce charmant hameau de quelques maisons. Nous craquons pour des sirops d’herbes faits maison, tellement bon qu’à peine fini le premier nous en prenons un deuxième. Nous en avons bien besoin, car il fait toujours chaud et la dernière étape se fera sans ombre et sur une montée abrupte.

Proche du col des Essets, nous commençons à bien observer la topologie et remarquons que trouver une surface plane de 5m2 pour installer le tarp ne sera pas facile. A force de chercher sans trouver, nous approchons du col et avons vu sur la carte GPS un endroit qui pourrait être plat. A quelques centaines de mètre de cet endroit nous dépassons un jeune couple avec sacs à dos. Après quelques secondes nous remarquons que le garçon a abandonné sa compagne et son sac à dos et grimpe à toute vitesse … pour arriver avant nous à cet endroit tant convoité. On n’en revient pas !

Alors on continue quelques minutes et on plante le tarp dans un champ de myrtilles sur le haut d’une légère butte. Rien n’est plat, mais au moins on a une vue magnifique sur le vallon que l’on vient de quitter et sur celui qui nous mènera demain vers Anzeindaz et le refuge Giacomini.

Après les tortellinis, un grand plat de myrtilles et au lit.

10 septembre 2016 | Col des Essets (bivouac des Myrtilles) – Derborence | 2h30 de marche | 7 km | dénivelés + 171 et -721 | beau

Départ vers 9h30 pour rapidement rejoindre le refuge Giacomini à Anzeindaz où nous buvons un café et mangeons une tarte sur la terrasse qui vient de s’ouvrir. On en profite aussi pour passer aux toilettes, pour faire ce qui doit être fait, mais aussi pour se laver les mains à l’eau chaude et au savon : plaisirs simples mais jouissifs après 4 jours …

L’étape est courte alors on prend notre temps et on piquenique au Pas de Cheville. On observe les rares promeneurs – dont deux allemands qui poussent leur vélo de ville avec corbeille sur le guidon avant, on se demande comment ils sont arrivés là ! On s’accorde même une mini sieste au soleil avant d’entamer la descente vers Derborence.

On y arrive vers 13h30. Serge et Odete nous y attendent pour nous accompagner pour 24h. Ils en profitent pour nous ravitailler en nourriture et en essence pour le réchaud, car nous avions pris de quoi être en autonomie pour 5 jours autour des Muverans, mais nous allons dès demain entamer le tour du Wildhorn avec aussi 5 jours d’autonomie.

Mais pour l’instant on se repose en se promenant autour du lac de Derborence, puis en prenant possession de nos couchettes à l’Auberge du Lac où nous dormirons ce soir. On est un peu déçu qu’il n’y ait pas de douche, mais tant-pis, on se lave au lavabo pour ensuite aller prendre l’apéro avec Serge et Odete. Ensuite c’est une petite salade, des spaghettis bolognais et une salade de fruits. Ce repas de pension complète est limite, que de la boîte, sans belle présentation et avec un service pas très soigné, mais on a faim, alors on s’en contente, il est vrai que c’est très bon marché.

Le soir nous discutons avec un guide qui fait le tour des Muverans avec des clients. Sony demande des renseignements sur la difficulté du Poteu du Bois (sa hantise !) qui est au programme de demain. « C’est pire que le col de Riedmatten ? » « Non, c’est à peu prêt pareil, et si vous avez 20 mètres de corde cela devrait jouer ! »

On va tôt au lit, car demain sera un nouveau départ. Sony passe une mauvaise nuit et cauchemarde de cette corde … qu’elle n’a pas !

11 septembre 2016 | Derborence – Col du Sanetsch (bivouac des Gouttes) | 7h de marches | 19 km | dénivelés +1606 et – 720| beau en début de journée, pluie le soir

Départ vers 8h30 après un déjeuner de la même facture que le souper à l’Auberge du Lac. Serge et Odete nous accompagnent pour le début de cette étape. Après avoir passé le lac on se dirige vers le Godet afin d’entamer une longue montée vers la Cabane de Prarochet. Mais avant d’y arriver il y a le Poteu du Bois, le cauchemar de Sony. Serge et Odete nous quittent là. Un grand Merci à eux pour leur soutien et ce moment passé avec nous ! Bisous, bisous !

Déjà le chemin pour arriver au Poteu n’est pas simple, car il monte raide en épingles à cheveux, pour déboucher devant une fissure dans la falaise, pleine de gros rochers qu’il va falloir grimper. Avec nos sacs de plus de 20 kg qui nous tirent en arrière, grimper en équilibre sur ces rochers est limite et risqué. On passe non sans peine ces quelques dizaines de mètres pour voir sur notre gauche les flèches nous indiquer des cordes fixes qu’on va devoir agripper pour monter la falaise sur une vingtaine de mètres, toujours avec ces satanés sacs à dos ! Sony se fait violence avec le poids du sac, son vertige et cette corde à laquelle elle s’accroche comme à sa vie ; mais elle avance … elle n’a de toute façon pas le choix ! Mais ce n’est pas tout, car après les cordes, on trouve des échelles pour le dernier tronçon de falaise. Sony est blanche comme un linge, et je ne peux même pas l’aider, car c’est si étroit et si raide qu’il n’y a place que pour une personne à la fois.

Le soulagement se lit sur son visage une fois arrivée en haut du Poteu. Elle a survécu à ce qui restera pendant longtemps son expérience de trekking la plus forte.

On piquenique pour reprendre nos esprits et préparer la montée vers le col. Le reste n’est plus que montée raide vers le col. Cela fait longtemps qu’il n’y a plus d’arbres et le terrain devient de plus en plus minéral pour finir par un sol poli par des milliers d’années de pression et de frottements des glaciers qui ont maintenant disparus. Le Lapis de Zanfleuron est unique, magnifique, indescriptible !

Nous passons à la Cabane de Prarochet pour boire un thé chaud, car les nuages arrivent et il fait froid. On s’installe quand même sur la terrasse, pour ne pas se ramollir, car on ne reste pas longtemps et entamons la descente vers le Col du Sanetsch.

Nous purifions quelques litres d’eau au torrent avant que les premières gouttes de pluies du périple arrivent. Le ciel devient gris et une fine pluie nous oblige à trouver rapidement un endroit pour bivouaquer ; ce sera un beau pâturage entouré de rochers. On plante le tarp vers 17h, la pluie a cessé, mais le sol est humide. On a le temps de visiter l’endroit, de faire quelques photos et de manger avant que la nuit s’installe. Le ciel reste noir et nuageux, mais si l’orage arrive, on sera à l’abris sous le tarp. Quelle journée !

12 septembre 2016 | Col du Sanetsch (bivouac des Gouttes) – Lauenensee | 6h20 de marche | 13 km | dénivelés + 600 et – 1466 | beau la journée et pluie le soir

On a eu de la chance car il n’a pas plu cette nuit. On peut donc ranger tout notre matériel au sec, mais pas sans dérangement, car des veaux curieux viennent visiter notre campement ; comme pour nous rappeler que nous sommes sur leur alpage ! Ils en profitent même pour faire le plein de sels minéraux à notre coin pipi !

Départ vers 9h10 pour une courte étape jusqu’à l’Auberge du Sanetsch, où nous faisons une pause pour remplir nos gourdes et Platypus. Nous approchons de la falaise qui fait frontière entre le Valais et Berne et voyons au loin le village de Gsteig. Nous entamons une descente d’environ 800 mètres de dénivelé jusqu’au hameau de Burg avant de remonter vers le Walliser Wispile. La montée est agréable car elle se fait sur un chemin carrossable.

Arrivé proche de Hinderi Wispile, nous demandons notre chemin, et les paysans du coin nous indiquent un raccourci à travers les alpages pour rejoindre le lac de Lauenen. Il commence à pleuvoir par intermittence, ce qui nous oblige à mettre en enlever notre veste de pluie plusieurs fois. Nous arrivons près du lac vers 16h30 et cherchons en vain une place pour mettre le tarp. Nous sommes dans un endroit avec des maisons et des propriétés. Impossible de nous installer, et l’orage arrive. On a deux possibilités, soit on entame la montée sous la pluie, sans savoir si on trouvera un endroit propice pour le tarp, soit on s’installe pour une nuit à l’auberge qui est devant nous. La journée a été dure et les prochaines étapes le seront aussi ; alors on décide de rester à l’auberge cette nuit. On a une belle petite chambre tout en bois, et nous pouvons enfin prendre une vraie douche chaude – un vrai bonheur – avant une petite sieste et un souper composé d’une belle salade et de rösti. Une très bonne adresse, on y mange bien et l’accueil est chaleureux. Dehors il pleut, mais on dort au sec.

13 septembre 2016 | Lauenensee – Egge (camp du Mélèze) | 5h30 de marche | 9 km | dénivelés + 400 et – 809 | beau

Après un bon déjeuner à l’auberge on entame la montée vers le Chüetungel. On grimpe dans la forêt sur un étroit sentier rendu périlleux par la pluie de la nuit : un mélange de boue et de pierres glissantes. Heureusement que l’on n’a pas fait ce tronçon hier sous la pluie, cela aurait été un mauvais choix.

Vers le milieu de la montée on entend arriver des vaches qui font la désalpe. Environ 120 vaches accompagnées de trois générations de paysans descendent le sentier abrupte et glissant ; tout un spectacle d’équilibristes. Elles nous laisseront quelques souvenirs sous la forme de nombreuses bouses qui s’ajoutent à la boue et à l’eau. Le paysan s’est excusé de nous laisser un « verschissener Weg ». Une aventure cette grimpée !

Quand on quitte la forêt on découvre le très bel alpage du Chüetungel avec ses quelques chalets et fermes, entourés de montagnes de moyenne altitude. On traverse ensuite le Stieretungel pour arriver au Tungelpass ; et là deux possibilités, soit on continue sur le sentier facile vers Lenk pour ensuite rejoindre Iffigenalp, soit on décide de prendre la version un peu plus sportive qui monte sur la falaise à droite en direction de Iffigsee. On prend les jumelles pour observer le sentier qui monte dans la falaise : de nouveau des cordes. On hésite, mais on se dit que si Sony a passé le Poteu du Bois, elle devrait réussir ce tronçon. On y va … sans problème ; cela parait toujours plus raide depuis en bas que quand on y est, heureusement.

Le reste n’est plus que descente vers le lac en forme de cœur bleu turquoise en milieu d’un écrin de pierre et de pâturage ; il nous attire comme un aimant. Quel plaisir d’y plonge nos pieds endoloris et de laisser les petits poissons grignoter nos orteils.

On repart pour chercher un endroit pour poser le tarp, et on trouve un minuscule plateau avec un beau mélèze qui fait face à la falaise d’où sort une source. On est vite à l’ombre et tôt au lit.

14 septembre 2016 | Egge (camp du Mélèze) via le Col de Rawil – Anzère | 9h de marche | 23 km | dénivelés + 898 et – 1565 | beau

La descente vers Iffigenalp est très agréable car on longe le torrent. Mais à partir de là ce sera plus de 800 mètres de dénivelé positif. Quand on regarde la paroi rocheuse, on se demande réellement où passe le sentier ! On commence par de la forêt, mais on arrive ensuite rapidement à un sentier creusé dans la roche et à partir de là ce ne sera presque plus que des pierres et des rochers entourés de quelques pâturages. Les pics sont abrupts et se découpent dans le ciel bleu, on est seuls au monde et on s’enfonce dans ce massif montagneux. Quelle sérénité !

On arrive au col du Rawil déjà un peu fatigué, mais il n’est que 14h, trop tôt pour s’arrêter, alors on décide de continuer vers le Lac de Tseuzier. La descente est aussi minérale que la montée et les genoux commencent à gémir.

Mais ils vont encore plus souffrir lors du dernier tronçon avant le lac, car la pente est raide ; mais quelle délivrance lorsqu’on peut mettre nos pieds dans l’eau gelée du torrent. Il est impossible de s’installer ici, alors on sort la carte et le GPS pour trouver le meilleur chemin pour descendre en plaine, mais il est déjà tard et on est fatigué. On opte pour la route qui va jusqu’au Rousse. Le kilomètre et demi sur le goudron nous achève, nous avons mal aux pieds, aux genoux, aux jambes et aux épaules.

Mais que faire maintenant, car la météo a prévu de la pluie pour demain ? Soit on trouve un coin dans les parages et on fait la dernière étape demain sous la pluie, soit on continue ? Mais jusqu’où ?

On se dit qu’il est préférable de terminer le périple aujourd’hui, alors on téléphone à Serge qui est au travail, pour savoir s’il peut venir nous chercher en voiture pour nous amener chez lui à Sion. On est cuit, mais il y a le bisse de Sion qui pourrait nous mener jusqu’à Anzère, et un bisse est habituellement plat. Alors on puise dans nos réserves et on marche péniblement sur les 4 derniers kilomètres vers Anzère. On doit s’arrêter souvent, mais on y arrive vers 19h. Serge nous amène à Sion en voiture, où un souper, une douche et un bon dodo nous attendent ; mais pour cela nous avons du monter les escaliers, un dernier effort plus que douloureux.

15 septembre 2016

On pensait qu’on allait se réveiller avec des crampes et des courbatures partout, mais étonnamment on est en forme (relative) après cette bonne nuit de sommeil. L’entrainement et le fitness nous permettent aussi d’avoir une bonne récupération.

On ira même à pied de la maison de Serge et Odete à la gare, pour prendre le bus pour Derborence, où nous retrouvons notre voiture.

Il pleut. Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir faire ce trekking au sec avec le tarp pour limiter le poids et être au plus proche de la nature et des éléments.

Encore un grand à Serge et Odete pour leur soutien !

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